Notre enquête TDAH au travail est une première en France. TDAH.io a interrogé plus de 330 personnes concernées par un TDAH sur leur vie professionnelle : à qui elles en parlent, ce qu’elles redoutent, ce qu’elles ont demandé à leur entreprise et ce qu’elles ont obtenu.
Les résultats dessinent un paysage que nous pressentions à travers vos messages, mais que personne n’avait encore chiffré. Près de 4 répondants sur 10 n’ont parlé de leur TDAH à personne au travail, et plus de 8 sur 10 n’ont jamais rien demandé à leur employeur.
On vous présente ici les chiffres clés, les verbatims les plus parlants et ce que cette enquête TDAH au travail nous apprend collectivement. Question par question, avec la base de répondants à chaque fois.
Sommaire
- Pourquoi cette enquête TDAH au travail existe
- Qui a répondu à l’enquête TDAH au travail
- Le silence massif autour du TDAH au travail
- Les peurs qui font taire les salariés TDAH
- Aménagements TDAH au travail : le grand renoncement
- Ce que les concernés par le TDAH demandent aux entreprises
- Ce que cette enquête TDAH au travail change
Pourquoi cette enquête TDAH au travail existe
Tout part de votre boîte mail. Depuis le lancement de TDAH.io, la rédaction reçoit chaque semaine des messages qui racontent la même chose : un trouble invisible, un quotidien professionnel épuisant, et surtout un silence. Beaucoup d’entre nous se taisent au bureau, par prudence ou par lassitude.
Ces récits individuels méritaient mieux que des impressions. Nous avons donc lancé un questionnaire anonyme dédié au TDAH au travail, ouvert aux personnes concernées : salariés, managers, indépendants, personnes en recherche d’emploi. Plus de 330 réponses plus tard, les tendances sont nettes.
Le questionnaire reste ouvert. Chaque nouvelle réponse affine les résultats et renforce le poids de cette parole collective. Si vous êtes concerné, votre témoignage compte.
Nous menons cette grande enquête propriétaire auprès des personnes concernées. Vos réponses (anonymes) nourrissent les articles TDAH.io et grossissent l’échantillon. Plus nous sommes nombreux, plus ces chiffres pèsent.
📋 Répondre au questionnaireQui a répondu à l’enquête TDAH au travail
Une précision de méthode d’abord, parce que nous vous devons cette honnêteté. Il s’agit d’une enquête communautaire TDAH.io menée auprès de plus de 330 personnes concernées (2026), diffusée via nos réseaux et notre newsletter. Les répondants se sont auto-sélectionnés : ce n’est pas une étude représentative de la population française, et nous ne la présentons pas comme telle.
Chaque question a sa propre base de répondants (entre 263 et 333 selon les questions). Tous les pourcentages de cet article sont donnés avec cette base. Les résultats n’en restent pas moins uniques : personne d’autre en France ne dispose de ces données sur le TDAH au travail.
Qui sont les répondants ? Sur les 333 personnes ayant précisé leur situation, 44,7 % déclarent un TDAH diagnostiqué par un médecin, un psychiatre ou un neurologue, et 8,7 % un diagnostic posé par un psychologue. Les autres sont en questionnement ou en cours de parcours.
L’errance diagnostique traverse donc près de 4 répondants sur 10. Autre signal frappant : seuls 5,1 % (17 sur 333) déclarent une RQTH via l’option dédiée, alors que le TDAH peut y ouvrir droit. Si vous vous interrogez sur votre propre situation, notre test TDAH adulte ASRS, validé par l’OMS, constitue un bon point de départ.
Côté statuts, 58,7 % des 332 répondants concernés se déclarent salariés, 16,9 % managers, 13,6 % indépendants et 11,7 % sans emploi au moment de l’enquête. Ils travaillent partout : grande entreprise (25,0 % des 324 réponses), fonction publique (20,4 %), PME (13,3 %), TPE, associations, hôpitaux.
Le silence massif autour du TDAH au travail
Le chiffre signature de cette enquête TDAH au travail tient en une ligne.
Et quand la parole sort, elle circule à l’horizontale, pas vers la hiérarchie. On se confie d’abord aux collègues (35,3 %), avant le manager (24,8 %). Les circuits officiels arrivent loin derrière.
| À qui en avez-vous parlé ? | Part des 331 répondants |
|---|---|
| À personne | 39,6 % |
| Aux collègues | 35,3 % |
| Au manager | 24,8 % |
| Au médecin du travail | 16,3 % |
| Aux RH | 10,6 % |
| Au psy du travail | 4,2 % |
Seuls 10,6 % en ont parlé aux RH et 4,2 % au psychologue du travail. Les acteurs censés organiser l’inclusion sont les derniers informés. Nous avons analysé les ressorts de ce silence dans notre article dédié aux salariés qui ne parlent pas de leur TDAH au travail.
Les réponses libres décrivent des confidences au compte-gouttes : « Seulement à une collègue de confiance », « une ou deux personnes de confiance », « mes collègues s’en doutent ». Et quand on ose, la réaction n’est pas toujours au rendez-vous.
D’autres retours sont heureusement plus encourageants : « Pour obtenir un bureau plus au calme (obtenu) », « Positive, aménagements par l’employeur et intérêt des collègues à qui j’en ai parlé ». Bien préparer cette annonce change beaucoup de choses : nos mots et scripts pour annoncer son TDAH au travail sont là pour ça.
Les peurs qui font taire les salariés TDAH
Pourquoi ce silence ? Nous avons posé la question à 327 personnes, qui pouvaient cocher plusieurs craintes. En moyenne, chacune en cite deux. Quatre peurs dominent nettement.
1. La peur de la stigmatisation : 51,4 %
La crainte numéro un, citée par 168 des 327 répondants. Être vu comme fragile, instable ou moins fiable dès que le mot TDAH est prononcé.
2. « Ça ne servira à rien » : 45,6 %
149 répondants pensent qu’en parler ne changerait rien. Une résignation presque aussi massive que la peur du jugement elle-même.
3. Devoir tout expliquer : 31,8 %
104 répondants redoutent la pédagogie forcée : expliquer ce qu’est le TDAH adulte à un interlocuteur qui l’associe encore aux enfants agités.
4. Ne plus progresser : 26,9 %
88 répondants craignent pour leur carrière : promotion freinée, missions moins stratégiques, évolution bloquée après la révélation.
Les réponses libres ajoutent des peurs plus crues encore : « Peur de me faire renvoyer », « Peur qu’on utilise ça contre moi », « Peur que l’on ne me croit pas ». Beaucoup évoquent aussi un sentiment d’illégitimité sans diagnostic officiel.
Seuls 15,6 % des répondants déclarent n’avoir aucune peur d’en parler. Pour les autres, la stratégie par défaut reste le camouflage, ce masking TDAH qui épuise à bas bruit. Peser le pour et le contre reste une décision personnelle : notre guide faut-il parler de son TDAH au travail vous y aide au cas par cas.
Aménagements TDAH au travail : le grand renoncement
Le silence a une conséquence directe et mesurable : on ne demande rien. À la question « Avez-vous essayé de demander ? » (aménagements ou actions de sensibilisation), la réponse est sans appel.
Seuls 5,8 % ont franchi le pas. Les réponses libres racontent l’autocensure : « Ce n’était même pas envisageable », « j’étais en période d’essai, c’était délicat ». Et une pointe d’ironie : « j’ai demandé des aménagements. Mais l’open space a un bel avenir… »
Côté entreprises, le miroir est tout aussi net : 83,7 % des 325 répondants déclarent que leur entreprise ne met en place aucune action de sensibilisation sur le TDAH. Seuls 4,9 % répondent oui. Plusieurs nuancent : la sensibilisation au handicap existe parfois, mais « seuls les handicaps physiques sont pris en compte ».
Ces solutions individuelles fonctionnent, mais elles ne remplacent pas un vrai dialogue. Notre hub des aménagements TDAH sur le lieu de travail recense les pistes concrètes, et notre guide pour demander des aménagements TDAH à son employeur détaille la démarche pas à pas.
Ce que les concernés par le TDAH demandent aux entreprises
Nous avons aussi demandé aux répondants quels messages transmettre en priorité lors d’une formation des équipes au TDAH. 263 personnes ont répondu, et leurs mots valent tous les argumentaires.
Les thèmes reviennent avec force : le TDAH est un trouble réel et involontaire, pas de la mauvaise volonté. La compensation coûte cher en énergie. Les aménagements utiles aux TDAH profitent à tous. Et surtout : bienveillance, non-jugement, psychoéducation.
Les témoignages longs, eux, rappellent ce qui se joue quand rien de tout cela n’existe.
Ce que cette enquête TDAH au travail change
Notre lecture d’équipe tient en un mot : confiance. Quand 45,6 % des répondants pensent qu’en parler « ne servira à rien », le problème n’est plus individuel, il est organisationnel. Le TDAH concerne pourtant environ 3 % des adultes : chaque entreprise de taille moyenne compte statistiquement des salariés concernés.
Les RH et les managers ont ici un levier énorme. Les répondants ne demandent ni traitement de faveur ni révolution, mais un environnement où la parole est possible et suivie d’effets. Notre guide TDAH en entreprise pour RH et managers pose les bases de cette démarche.
Concrètement, tout commence par la sensibilisation au TDAH des équipes, que 83,7 % des répondants n’ont jamais vue passer dans leur entreprise. Pour aller plus loin, une conférence TDAH en entreprise ou une formation TDAH au travail transforme ces chiffres en plan d’action.
Dernier enseignement, et pas le moindre : 62,2 % des répondants (209 sur 336) ont laissé leur email pour recevoir les résultats. Cette attente nous engage. Les résultats complets de l’enquête existent en livret PDF, envoyé aux inscrits de la newsletter TDAH.io. Et le questionnaire reste ouvert pour la prochaine vague.
Vous êtes RH, manager ou dirigeant et ces chiffres vous parlent ? C’est exactement pour vous que nous avons construit notre programme dédié.
🎓 Découvrir la formation TDAH au travail
FAQ, foire aux questions sur l’enquête TDAH au travail
Le questionnaire est anonyme, gratuit et toujours ouvert. Il s’adresse à toute personne concernée par un TDAH dans sa vie professionnelle. Vous pouvez y répondre directement en ligne : répondre au questionnaire TDAH au travail.
Non, et nous l’assumons. C’est une enquête communautaire : les répondants se sont auto-sélectionnés via la communauté TDAH.io. Elle ne prétend pas décrire toute la population française, mais elle offre des données terrain uniques sur le vécu des concernés au travail.
Plus de 330 personnes concernées ont répondu à la vague 2026. Chaque question a sa propre base de répondants (entre 263 et 333), toujours précisée avec chaque pourcentage. Le questionnaire reste ouvert et l’échantillon continue de grossir.
Deux chiffres se détachent : 39,6 % des répondants n’ont parlé de leur TDAH à personne au travail (131 sur 331), et 83,1 % n’ont jamais essayé de demander un aménagement (260 sur 313). Le silence et le renoncement dominent.
Seuls 10,6 % des 331 répondants en ont parlé aux RH. Les craintes dominantes l’expliquent : peur de la stigmatisation (51,4 %), sentiment que cela ne servira à rien (45,6 %) et peur de ne plus progresser (26,9 %). La confiance envers les circuits officiels reste à construire.
Les résultats complets existent sous forme de livret PDF, envoyé aux inscrits de la newsletter TDAH.io. L’inscription est gratuite et vous recevez aussi nos prochaines analyses sur le TDAH au travail.
Commencer par la sensibilisation des équipes, former les managers et les RH, et ouvrir un canal de dialogue sûr. 83,7 % des répondants n’ont jamais vu d’action de sensibilisation au TDAH dans leur entreprise : la marge de progrès est immense, et les premiers pas sont simples.
Dès que des difficultés d’attention, d’organisation ou d’impulsivité pèsent durablement sur votre travail ou votre vie personnelle. Un médecin, puis un psychiatre, pourra poser un diagnostic. Un autotest comme l’ASRS peut préparer cette consultation, mais il ne la remplace jamais.
La liste complète des aménagements possibles au travail pour les salariés TDAH, les RH et les managers. La suite logique de cette enquête : passer des chiffres aux solutions concrètes.
Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Si vous pensez avoir un TDAH, consultez un psychiatre ou un médecin spécialisé. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.
Aussi disponible sur Amazon · Audible · FNAC · Cultura
Catherine Testa · Éditions Michel Lafon · 2024
Vous vivez un TDAH au travail et vous voulez raconter votre vécu, votre parcours ou ce qui vous a aidé ? Vos témoignages nourrissent nos enquêtes. Catherine lit chaque message.
contact@tdah.ioOn reste en lien ?
Témoignages, données, ressources sur le TDAH adulte. Choisissez la manière qui vous convient pour garder le contact avec TDAH.io.
- 1 TDAH.io, Enquête communautaire « Le TDAH au travail », plus de 330 répondants concernés, 2026. Questionnaire anonyme toujours ouvert, bases de répondants précisées question par question.
- 2 HAS, Note de cadrage : Repérage, diagnostic et prise en charge du TDAH chez l’adulte, 2021. Prévalence du TDAH chez l’adulte estimée autour de 3 %.
- 3 INSERM, Dossier d’information : Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), 2024. Données de prévalence et de persistance du trouble à l’âge adulte.